Interview Adrian Smith

Adrian Smith

Interview par Kelley Simms, parue le 26 juillet 2010 sur SMN News

par musky00

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Les pionniers de la NWOBHM IRON MAIDEN ont parcouru la planète, donné des milliers de concerts, sorti de nombreux albums de platine et d’or et vendu des millions de disques dans le monde entier. MAIDEN représentent un son et un style qui ont été imités des milliers de fois par de nombreux groupes différents.

Le chanteur Bruce Dickinson, les guitaristes Dave Murray, Adrian Smith et Janick Gers, le bassiste Steve Harris et le batteur Nicko McBrain tournent et enregistrent depuis plus de 30 ans et ne sont pas près de s’arrêter. MAIDEN et leur célèbre mascotte Eddie sont actuellement sur leur tournée Final Frontier et s’apprêtent à sortir leur 15ème album studio du même nom.

Avant un concert de cette tournée, j’ai parlé brièvement avec Adrian par téléphone du nouvel album, de son départ du groupe dans les années 90 et de la longévité de MAIDEN.

Comment s’est déroulée la tournée Final Frontier avec Dream Theater ?

C’était fantastique. Les publics étaient géniaux. Nous avons pris beaucoup de plaisir à jouer.

Jouez-vous quelques nouvelles chansons de The Final Frontier durant cette tournée ?

Nous jouons un nouveau titre. L’album n’est pas encore sorti mais nous jouons El Dorado qui est disponible en téléchargement sur notre site internet en avant-gout de l’album.

El Dorado a été mis en ligne il y a peu et sonne comme un classique de Maiden. Quel est le concept derrière la chanson et qui a été impliqué dans son écriture ?

J’avais la musique pour cette piste et je pense que Bruce a écrit les paroles. El Dorado est l’observation des attentes des gens d’une meilleure vie. « L’herbe est toujours plus verte chez le voisin ». Les gens qui empruntent de l’argent pour pouvoir avoir la dernière voiture de luxe ou un grand écran télé et tout ça. Beaucoup de gens se sont endettés avec la récession. Je suppose que c’est basé là-dessus.

Quelle direction voulez-vous prendre avec Final Frontier ?

Je pense que celui-ci est légèrement différent. Pour les personnes qui l’ont écouté, le vrai style de l’album est très différent de tout ce que nous avons fait avant. Une partie est classique mais je pense que la majeure partie est assez progressive. Je pense que ça a toujours été un point fort pour MAIDEN ; concevoir des chansons plus longues, plus complexes, mais toujours avec beaucoup de mélodie. On obtient une combinaison bizarre, on en a quelques unes classiques comme El Dorado, et des un peu plus complexes et compliquées également.

Vous avez énormément de fans et êtes appréciés dans le monde entier. Ressentez-vous toujours la même excitation et le même plaisir à jouer en concert ? Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

C’est incroyable. Chaque fois que nous montons sur scène devant un public de MAIDEN, c’est une expérience. On peut sentir l’énergie de la foule, l’attente qui monte avant d’aller sur scène. C’est comme un évènement, pas seulement un concert. Le public en fait réellement un évènement.

Pourquoi as-tu quitté le groupe en 1990 ? Etait-ce une période difficile pour toi ? Etait-ce en raison de conflits dans le groupe, de problèmes personnels ? Ou voulais-tu simplement réaliser des albums solo ?

Un peu de tout ça en fait. J’étais dans le groupe depuis 9 ou 10 ans, c’était une période très tendue dans la carrière du groupe. Le groupe a débarqué en 1980 avec le premier album, je l’ai intégré pour le second album, et depuis nos pieds n’ont jamais touché terre… C’était tournées et enregistrements successifs. Je suppose que j’étais un peu crâmé. Je n’avais aucune vie en dehors du groupe. J’avais besoin d’explorer d’autres choses, peut-être de faire quelques trucs en solo. Je me suis marié, j’ai fondé une famille, ce genre de choses. Et puis, c’était génial de pouvoir revenir dans le groupe, c’était mieux la seconde fois, tu es plus vieux et tu peux mieux l’apprécier. Je pense que dans les années 80 c’était tellement une chose non stop que nous n’avions pas le temps de nous poser et de respirer l’odeur des roses.

Vous êtes habituellement un groupe discret et réservé mais comment était-ce d’avoir des caméras vous suivant pendant deux mois pour le documentaire Flight 666 et a-t-il fait de vous le portrait que vous souhaitiez qu’il fasse ?

Tu dis vrai, nous sommes un groupe discret. Au début, nous étions très sceptiques sur le fait d’avoir des caméras autour parce que ça peut amener les gens à agir et réagir différemment. Une fois que j’ai découvert qui le faisait, Sam et Scott de Bangor, je les ai connus il y a des années lors d’interviews et je les apprécie en tant que personnes. Donc j’ai pensé que si c’est eux qui le faisaient, ça allait être bien. J’ai pensé que ça serait génial d’avoir un document, pour revenir à ce que je disais à propos des années 80, nous avons fait tant de choses et c’est un peu trouble. Donc c’est bien, avis personnel, d’avoir un document de cette tournée pour y revenir dans les années à venir. Je pense qu’ils l’ont très bien filmé.

MAIDEN a commencé au début de la NWOBHM et maintenant le groupe est les rois du genre. Comment ressent-on le fait, maintenant en 2010, d’être capable d’enregistrer et tourner et d’être toujours apprécié ?

Et bien, nous sommes très chanceux. C’est incroyable. Nous avons toujours de nouveaux fans, des jeunes fans. Nos fans viennent de tous horizons maintenant, quel que soit l’âge. Je ne sais pas, ça tient d’un phénomène. Je pense que le groupe a été vrai envers lui-même au cours des ans. Nous avons passé beaucoup, beaucoup d’années à jouer pour nos fans ce qui impliquait d’aller faire de nombreux concerts dans chaque coin de chaque pays. Et nous avons développé ça en suivant un chemin difficile. Je pense que c’est un facteur de la longévité du groupe.

L’artiste Melvyn Grant a été de nouveau choisi pour l’illustration de The Final Frontier, il a montré son talent sur Fear of the Dark et Virtual XI. Etes-vous maintenant plus à l’aise avec sa représentation d’Eddie par rapport au style de Derek Riggs ?

Et bien, je pense que Derek a le mérite d’avoir apporté l’original. C’était un artiste fantastique. C’était peut-être politique le fait qu’il n’ait plus travaillé avec le groupe, je ne sais pas vraiment. Je pense que ce dernier collaborateur a fait un travail fantastique, j’aime vraiment le nouvel Eddie. Il a presque muté en quelque chose d’autre mais on peut toujours voir un air de famille (rires).

Est-ce que c’est vraiment l’Ultime Frontière pour MAIDEN ?

On ne doit jamais dire jamais, nous aimons réellement être en tournée et faire ce que nous faisons. Comme je l’ai dit, nous avons toujours de nouveaux fans. Ce n’est pas notre dernière tournée ou quoi que ce soit, nous tournerons encore pendant un petit moment, quelques années au moins.

Pour les fans de MAIDEN, le nouvel album Final Frontier ne peut être que ce que Maiden fait le mieux mais quel était votre but en l’écrivant ?

On ne voit toujours que le résultat. Ça reflète ce qu’on est à ce moment-là. Nous essayons toujours d’arriver avec les chansons les plus fortes possibles, les mélodies, et essayons de faire ce qu’IRON MAIDEN fait le mieux. C’est difficile de préconcevoir, je veux dire – c’est toujours un avis personnel – j’essaie d’écrire des chansons plus courtes et de contribuer au mieux au côté rock ‘n’ roll. Je me suis impliqué dans différents domaines pour des morceaux plus progressifs, plus complexes, ce qui, je pense, est la force du groupe.

Tout le monde a-t-il été impliqué dans le processus d’écriture de l’album ou Steve a-t-il quasiment tout fait ? Comment décidez-vous des chansons à mettre sur l’album ?

Nous n’écrivons que ce dont nous avons besoin. Evidemment chacun arrive avec des tas d’idées, c’est un travail d’équipe. Durant cette période, Steve est plus dans l’arrangement et l’écriture des paroles et des mélodies. Je suis arrivé avec beaucoup de musique, 6 ou 7 chansons, et Janick en a aussi composé quelques-unes. Bruce a écrit des paroles et des mélodies. Donc c’était plutôt un travail d’équipe, probablement plus que par le passé.

Quelques derniers mots ou commentaires pour nos lecteurs et vos fans ?

Nous aimons être en tournée et nous aimons jouer pour nos fans. C’est aussi simple que ça, vraiment. Ça nous fait plaisir de voir les gens à nos concerts.

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