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#196 25/09/2015 17:46:40

pierick  Homme
Lieu : GRENOBLE
Age : 43
Inscrit(e): 01/11/2010
Messages: 30 311

Re: Chroniques (monde entier) / presse (française) / interviews

Maiden n'a pas la même façon de voir les choses comme AC/DC c'est complètement différent  .

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#197 25/09/2015 22:03:26

MacDaigh  
Lieu : Nantes (44)
Inscrit(e): 19/03/2013
Messages: 685

Re: Chroniques (monde entier) / presse (française) / interviews

cinquième partie !

Interview Janick Gers

Janick Gers est le seul membre d'Iron Maiden qui n'était pas présent durant l'ascension du groupe dans les années 80. Quand bien même, le guitariste fait partie des meubles depuis 25 ans, après avoir rejoint le groupe en 1990 en remplacement d'Adrian Smith. Né à  Hartlepool, Gers est maintenant installé à  proximité, à  Yarm, une petite ville proche de Stockton-on-Tees. Il est seul à  la maison au moment o๠il appelle. Sa femme et ses deux enfants, adolescents, sont en vacances sans lui, sur l'île grecque de Kos. « J'apprécie un peu de calme et de tranquillité, » dit-il. « j'ai toujours été à  l'aise en ma propre compagnie. »
Gers fut un membre de White Spirit, un groupe NWOBHM contemporain de Maiden, avant de rejoindre Gillan, le groupe solo de l'ex-chanteur de Deep Purple, Ian Gillan. Avec Iron Maiden, il a pu apprécier un niveau de popularité bien au-delà  de tout ce qu'il avait pu connaître auparavant. Pourtant il reste un homme aux plaisirs simples. « J'aime les choses agréables de la vie, » dit-il. « Mais il ne m'en faut pas beaucoup pour être heureux. »

Steve habite aux Bahamas, Dave à  Hawaii, et toi tu vis dans dans un coin paumé du Nord-Est de l'Angleterre...
O๠souffle un vent de Nord glacial ! (rires) Mais j'aime bien être ici. C'est à  une demi-heure de là  o๠je suis né. Les gens sont supers. Je sors pour prendre un verre presque tous les soirs et je rentre chez moi par mes propres moyens. Ici, je suis dans ma petite bulle perso.

Est-ce que vivre à  Yarm est l'antidote parfait à  la vie dans un célèbre groupe de rock ?
Ouais, j'oublie que je suis dans un groupe jusqu'à  ce que quelqu'un me demande de faire une photo à  une heure et demi du matin alors que je suis au pub et que mon nez est d'un rouge luisant. Je suis à  l'aise en ma propre compagnie, et j'aime vivre dans un endroit o๠personne ne me connait.

Quand le groupe n'est pas en activité, est-ce que tu fréquentes les autres ?
Quand je suis à  Londres, je vois Bruce mais il a une autre bande de potes qui parlent d'aviation, ce que je ne supporte pas plus de quelques minutes. Nous vivons tous à  des endroits différents, alors nous n'avons que peu d'occasions de nous rencontrer. Mais ils savent o๠me trouver – au pub du coin.

En dehors des talents de musicien, y a-t-il certaines qualités requises pour faire partie d'Iron Maiden ? Une certaine dose d'humilité, peut-être ? La capacité de savoir tenir sa place dans le groupe ?
C'est exactement ça. Il faut être terre à  terre. Nous avons tous nos idiosyncrasies, mais nous semblons bien aller ensemble. Il faut bien qu'il y ait des compromis entre nous. Chez The Who, par exemple, il y avait une atmosphère négative. Jagger et Richards avaient cette énergie négative/positive. à‡a fait partie de la mécanique d'un groupe. Mais on s'en sort formidablement bien.

à‡a n'a pas toujours été le cas.
Non. Quand Bruce est parti, ça a choqué tout le monde. Nous avions tous l'impression qu'on nous avait abandonné à  notre sort. à‡a a vraiment été un moment difficile. Mais on a continué avec Blaze, et on s'en est bien sorti.

Est-ce que tu avais des réserves quant au retour de Bruce et Adrian ?
Il faut construire des ponts. Je suis un grand fan des films du réalisateur Akira Kurosawa : il te montre cinq points de vue différents de la même chose. Et c'est ce qu'il faut que tu comprennes quand tu es dans un groupe. Après le retour de Bruce et Adrian, nous n'aurions pas pu être plus heureux.

Tu es proche de Bruce. Comment as-tu géré la nouvelle de son cancer ?
J'avais été à  l’hôpital cette même semaine avec mon beau-frère, à  qui on a aussi diagnostiqué un cancer. Alors l'appel à  propos de Bruce, c'était un vrai coup de poignard dans le dos.

à‡a t'a rappelé ta propre mortalité ?
Bien sà»r. Il n'y a pas longtemps, j'ai perdu mes deux parents alors que j'étais loin, en tournée. Ce genre de choses t'affecte profondément.

à‰tant donné que Bruce est sorti d'affaire, as-tu fêté ça avec lui ?
On s'est fait une virée, récemment, on a picolé, et il était en pleine forme. Il a raconté à  ma femme à  quel point il avait perdu du poids, et elle a dit « ce n'est pas franchement une bonne méthode, Bruce ! » à‡a m'a rassuré. Et il était à  fond. C'était le bon vieux Bruce.

Et donc, pour passer à  la suite, que va-t-il se passer maintenant ?
Le groupe ne peut pas continuer indéfiniment. Nous le savions déjà  avant même la maladie de Bruce. Nous en avons parlé. Mais le groupe est encore plein de vie, il continue à  grandir. Le nouvel album le prouve. Je ne sais pas combien de temps nous pouvons continuer comme ça. J'adore toujours ça, et les autres aussi. Mais si le jour devait arriver o๠nous n'aurions plus cette énergie, ce désir de continuer à  aller de l'avant, j'aime à  penser que nous en aurons assez dans le pantalon pour décider d'arrêter.

NDT : je vous suggère de faire une recherche google sur Hartlepool pour lire la légende locale. il y a une excellente bd qui est sortie chez Delcourt intitulée Le Singe De Hartlepool qui la raconte. apprendre que Janick est originaire de la bas m'a fait éclater de rire, j'avoue. big_smile

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Dernière édition de: MacDaigh (26/09/2015 09:19:09)


Everyone is from somewhere even if you've never been there
Jethro Tull

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#198 25/09/2015 23:23:53

Narchost  Homme
Lieu : Saint Martin de Crau (13)
Age : 34
Inscrit(e): 18/01/2008
Messages: 29 578

Re: Chroniques (monde entier) / presse (française) / interviews

MacDaigh a écrit:

Quand je suis à  Londres, je vois Bruce mais il a une autre bande de potes qui parlent d'aviation, ce que je ne supporte pas plus de quelques minutes.

2 min que je bloque sur cette phrase o๠je suis mort de rire icon_lol. Encore merci !


Prix Steve Harris 2010, 2012 et 2022 big_smile !!
Prix Bruce Dickinson 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022 big_smile !!

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#199 26/09/2015 01:07:41

theancientmariner  
Lieu : Québec
Inscrit(e): 19/09/2014
Messages: 925

Re: Chroniques (monde entier) / presse (française) / interviews

MacDaigh a écrit:

alors que je suis au pub et que mon nez est d'un rouge luisant.

c'est celle là  qui m'a fait piquer un fout rire  icon_lol
merci pour ces trad !!!

Dernière édition de: theancientmariner (26/09/2015 01:08:16)


"Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres."
-George Orwell

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#200 26/09/2015 05:59:40

thelols666  
Lieu : Lyon
Inscrit(e): 12/07/2011
Messages: 63 401

Re: Chroniques (monde entier) / presse (française) / interviews

Merci MacDaigh !


« N'écoutant que son courage, qui ne lui disait rien, il se garda d'intervenir. » - Jules Renard
--- Prix Steve Harris 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021 --- big_smile merci, merci !!!

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#201 26/09/2015 06:07:31

Jchristophe  
Lieu : Vaucluse
Inscrit(e): 06/11/2011
Messages: 16 469
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Re: Chroniques (monde entier) / presse (française) / interviews

Merci MacDaigh !!! Il est impayable ce Jannick storstark


“Tout ce qui est excessif est insignifiant.”

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#202 26/09/2015 07:13:07

ead666  Homme
Lieu : Marseille, France
Age : 51
Inscrit(e): 24/10/2007
Messages: 30 830
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Re: Chroniques (monde entier) / presse (française) / interviews

Géniale  cette interview et merci MacDaigh pour cette excellente traduction smile

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#203 26/09/2015 07:36:19

appiantiqua  
Lieu : Lyon
Inscrit(e): 11/09/2015
Messages: 15 345

Re: Chroniques (monde entier) / presse (française) / interviews

Merci et bravo pour la traduction applause


Prix Janick Gers 2015 & prix Eddie 2016

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#204 26/09/2015 08:24:43

picpic  
Lieu : chalons en champagne
Inscrit(e): 05/03/2011
Messages: 221
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Re: Chroniques (monde entier) / presse (française) / interviews

Merci elles sont bien sympa ces petites interview ! applause

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#205 26/09/2015 08:30:14

Simbaud  
Lieu : Lyon
Inscrit(e): 11/05/2014
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Re: Chroniques (monde entier) / presse (française) / interviews

Merci beaucoup pour tout ce travail smile


"Hold the line, does anybody want to take it anymore ? "Queen , The Show Must Go On
- Prix Janick Gers 2014

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#206 26/09/2015 10:06:25

Totof  
Lieu : Saint-(Judas)Priest
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Messages: 104

Re: Chroniques (monde entier) / presse (française) / interviews

Merci beaucoup pour toutes ces interviews! J'ai encore plus hâte de voir Iron Maiden sur cette tournée maintenant, je pense que celle ci sera très intense!

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#207 26/09/2015 15:02:18

sergent eddie  Homme
Lieu : bourbon l'archambault
Age : 44
Inscrit(e): 01/03/2013
Messages: 31 226

Re: Chroniques (monde entier) / presse (française) / interviews

merci MacDaigh pour cette traduction et bravo pour ton travail smile


"born to lose, lived to win"
"nous sommes tous des enfants d'immigrés.1ère, 2ème,3ème génération" BXN

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#208 26/09/2015 15:28:14

pierick  Homme
Lieu : GRENOBLE
Age : 43
Inscrit(e): 01/11/2010
Messages: 30 311

Re: Chroniques (monde entier) / presse (française) / interviews

Merci pour cette nouvelle traduction smile

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#209 27/09/2015 06:17:44

appiantiqua  
Lieu : Lyon
Inscrit(e): 11/09/2015
Messages: 15 345

Re: Chroniques (monde entier) / presse (française) / interviews

La chronique de TBOS dans CorseMatin

https://www.corsematin.com/article/derniere-minute/musique-iron-maiden-le-livre-de-la-rentree.1902979.html


Prix Janick Gers 2015 & prix Eddie 2016

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#210 27/09/2015 12:50:40

MacDaigh  
Lieu : Nantes (44)
Inscrit(e): 19/03/2013
Messages: 685

Re: Chroniques (monde entier) / presse (française) / interviews

sixième partie (plus qu'une !)

Interview Bruce Dickinson

C'est par une mâtiné ensoleillée que Bruce Dickinson rencontre Classic Rock dans un club privé sur Chiswick High Road. Il vit dans cette partie de Londres, avec sa famille, depuis 1981.
Dickinson est arrivé ce matin en vélo, vêtu d'un T-shirt noir, d'un short de gym ample et de baskets. Il roule presque tous les jours, augmentant à  chaque fois un peu plus la distance. Il est visiblement plus mince, ses séances de chimiothérapie et de radiothérapie lui ayant fait perdre du poids. Son visage est légèrement pâle et tiré. En dehors de ça, son apparence est toujours la même, et pendant la conversation, il est toujours aussi exubérant, fidèle à  lui-même.
Comme souvent chez ceux qui ont bénéficié d'une coà»teuse éducation privée, Dickinson a toujours été quelqu'un de très performant, pas seulement en tant que chanteur d'un célèbre groupe de rock, mais aussi dans ses autres centres d'intérêts. En escrime, il a combattu pour la Grande-Bretagne. Comme auteur, il a écrit deux romans satiriques. Il a travaillé comme pilote de ligne commerciale pour la défunte compagnie aérienne Astraeus, et il est maintenant en cours de montage de sa propre compagnie aérienne. Le Boeing 737 qu'il pilotait pendant la tournée mondiale de Maiden, Somewhere Back In Time, a été remplacé par un 747, plus gros et plus puissant, pour la tournée de l'année prochaine.
à€ 57 ans, Dickinson est le plus jeune membre d'Iron Maiden. C'est l'une des raisons pour laquelle, dit-il, il ne se serait jamais attendu à  être celui qui se retrouverait à  contempler la mort en face...

Comment t'es-tu aperçu que tu avais un cancer ?
Nous étions à  Paris, au milieu de la réalisation de l'album, et... Quelque chose n'allait pas. Je le savais et je pouvais le sentir. J'avais mal aux oreilles. Je me suis dit « On est en Novembre, j'ai peut-être pris froid. » Mais j'avais aussi cette grosseur sur le cou. Alors je suis allé voir le Dr Wikipedia et je me suis auto-diagnostiqué. Il semblait, en toute probabilité, que j'avais le papillomavirus humain, une tumeur sur ma langue. En termes profanes, c'est un cancer du col de l'utérus de la gueule. Si une femme a un cancer du col de l'utérus, c'est un carcinome épidermoà¯de. Là , c'est le carcinome épidermoà¯de de la langue.

Et puis quoi ?
Ben rien. Je me suis dit : « Espèce d'hypocondriaque de l'internet, sois pas débile. » Et je ne suis donc pas allé voir le médecin.

Pourquoi pas ?
Parce que je me suis dit, « Si j'ai raison, je ne veux pas le savoir. Pas maintenant. Je veux savoir quand j'aurai fini l'album. à€ ce moment-là , je m'en occuperai. »

La plupart des gens, dans cette situation, se précipiteraient chez le médecin pour avoir la certitude que, s'il s'agit bien d'un cancer, ils seraient traités immédiatement.
Je sais. Mais je voulais finir l'album.

En as-tu parlé à  quelqu'un ? à€ ta femme ?
Non. J'ai vaguement mentionné en passant la grosseur sur mon cou. Elle a dit « Oh ça doit être la mononucléose. »

à€ quel point étais-tu convaincu que ton auto-diagnostique était correct ?
Cinquante-cinquante. Au fond de moi, je savais qu'il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond.

Quand as-tu cherché un avis médical qualifié ?
Six semaines plus tard. on était en train de finir l'album et j'ai vu un médecin. Il m'a palpé le cou, puis il est descendu directement aux balloches. Je me suis dit, « Il est soit très amical soit très consciencieux. » Il a dit, « Vous devez faire un scanner de la tête et du cou et une biopsie de cette grosseur. » Quelques jours plus tard, je voyais mon médecin à  Londres.

Et ton auto-diagnostique s'est avéré correct ?
Absolument. Je me demandais comment ils annonçaient ça. En te servant le thé et des biscuits ? Mais l'oncologue m'a juste dit, « Bon, j'ai là  une lettre qui dit que vous avez un cancer de la tête et du cou. » Donc c'est comme ça qu'il font : ils te le balance en pleine poire. à‡a me plaît bien.  On m'a dit que j'avais une tumeur de la taille d'une balle de golf sur ma langue, et une autre dans les ganglions lymphatiques. Mais l'oncologue a aussi dit : « Vous êtes un excellent candidat pour une guérison complète. » Il m'a dit, « Je vais vous en débarrasser, et ça ne reviendra pas. »

Tu y as cru, ou tu as craint le pire ?
Je me suis dit que, vu les probabilités, je devrais m'en sortir. J'ai sérieusement passé en revue les articles de recherche médicale sur internet. Je n'avais rien de mieux à  faire. J'ai regardé quelles étaient mes chances. à€ mon âge et avec mon profil, elles étaient à  quatre-vingt pour cent en ma faveur.

Ce sont les vingt pour cent restants qui inspireraient la crainte de Dieu à  la plupart des gens.
Je ne voyais pas l'intérêt d'être effrayé. Tu me connais – je suis plutôt dynamique.

Quand bien même...
Bon, j'ai passé deux jours à  me lamenter sur mon sort, en me demandant « Pourquoi moi ? » Mais un pote à  moi avait une meilleure question : pas « Pourquoi moi ? » mais « Pourquoi pas moi ? » Ce n'était pas l'univers qui prenait sa revanche sur moi. C'est juste le hasard. Il fallait que ça tombe sur quelqu'un et c'est tombé sur moi. Alors, faut se bouger. Si l'issue est mauvaise, ça ne sera pas faute d'avoir essayé.

[b]Quel était ton état d'esprit dans les jours qui ont suivi ?[/b]
Pendant les trois jours qui ont suivi mon diagnostique, je n'ai fait que remarquer tous les cimetières et les hôpitaux. Et quand je restais à  la maison dans la journée à  regarder la TV, il y avait toutes ces pubs - « Le cancer, nous le vaincrons ensemble » - et les pubs pour les assurances-vie. Mais après ces trois jours, je me suis dit, « Arrête. Recommence à  regarder les jambes des femmes et retourne au pub. Reviens à  la normalité. »

Y avait-il quoi que ce soit d'autre que tu aurais pu faire ?
J'ai commencé à  prendre des champignons en compléments. J'ai demandé à  l'oncologue si ça posait un problème et il a dit, « Il n'y a pas de souci tant que vous ne prenez aucun métaux lourds (heavy metals). » et j'étais, genre, « Vraiment ? » Il voulait parler de fer ou de trucs de ce genre.

On dirait une réplique sortie d'une mauvaise sitcom.
C'est clair ! Mais il y a un côté humour noir, dans tout ça. Je me suis débarrassé de toutes les vannes assez vite. Comme quand les gens demande, « Pourquoi est-ce que vous ne tournez pas ? Je réponds, « Les raisons sont trop tumeureuses pour toutes les mentionner. »

Quel traitement as-tu suivi ?
J'ai eu neuf semaines de chimiothérapie. Pendant cette période, j'ai fait trente-trois sessions de radiations. Les effets de la chimio étaient... intéressants. Beaucoup de sensations étranges, comme une expérience extra-corporelle. Et les deux ou trois dernières semaines ont été... ouais, rudes. Je me faisais flasher, je rentrais à  la maison et je restais assis sur mon canapé. Mon boulot à  temps complet était d'essayer d'avaler liquides et nourriture. Rien que des liquides, de la morphine par voie orale, et des antibiotiques par voie orale également, parce que ton système immunitaire est au ras des pâquerettes. Je pouvais tout juste gérer les milkshakes. Ma langue me faisait si mal que je ne pouvais plus parler – une bénédiction, du point de vue de ma femme. Le seul moyen que j'avais de dormir la nuit était de me mettre du sopalin imbibé de Bonjela (médicament anti-douleurs) au niveau des dents de sagesse pour que ça anesthésie ma langue. Mais l'effet se dissipait et je me réveillait au milieu de la nuit avec un grand « Aaargh ! »

Du coup, c'était une bataille autant psychologique que physique ?
C'est clair. Parce qu'il faut avaler une telle quantité de liquide par jour ! Je restais assis, la tête au-dessus du lavabo en me disant, « Ok, une gorgée d'eau de plus. » Après le premier diagnostique, ils m'ont proposé une sonde gastrique. J'ai dit, « Allez vous faire foutre. Je me nourrirai moi même. à‡a descendra d'une manière ou d'une autre. Et si je n'y arrive pas, vous pourrez m'enfiler un tube par le nez comme ils font avec les grévistes de la faim. Mais j'y arriverais. » et le doc a dit, « à‡a marche. »

Pendant tout ce processus, à  quel moment as-tu été au plus bas ?
Les trois dernières semaines ont été les pires. Pour être honnête avec toi, tu es tellement    sur les rotules que tu n'as même plus l'énergie de t'enthousiasmer de quoi que ce soit.

Est-ce qu'ils t'ont prescrit des trucs lourds, comme la morphine ?
Ah, cette bonne vieille morphine ! (rires) je la prenais par cuillères entières, et franchement, j'ai été un peu déçu. Je voulais voir des éléphants roses ! Je m'attendais à  avoir envie de me couper l'oreille (comme Van Gogh). Mais... rien. à‡'a été plutôt décevant.

Qui était au courant de tout ça ?
Personne à  l'exception de ma famille proche, de Rod et du groupe. Après le diagnostique, Rod a dit que nous devrions en parler à  la presse, et dire aux promoteurs de spectacles pourquoi nous annulions la tournée. J'ai dit, « Tu n'en parles à  personne, bordel ! Peux-tu juste attendre jusqu'à  ce que j'ai au moins fini d'aller à  l’hôpital tous les jours ? Putain ! » Alors on a fait coà¯ncider l'annonce avec la fin de mon traitement.

Steve dit que quand il a eu la nouvelle, il t'a envoyé des textos parce qu'il ne pensait pas que tu aurais été capable, ou eu envie, de parler.
Il avait raison. Mais je vais te dire ce qu'il m'a envoyé d'autre – trois livres sur comment vaincre le cancer, et un trampoline ! (rires) C'était une idée de génie. Un mini trampoline pour que j'ai quelque chose à  faire en regardant la télé dans la journée.

Après les irradiations, est-ce que tu as perdu tes cheveux ?
Non, mais je m'étais laissé pousser une grosse barbe broussailleuse comme celle du Capitaine Haddock qui, elle, est tombée – d'un seul coup, de mon menton, au pub.

Qu'est-ce que tu fichais au pub ?
Je me prenais une bière !

à€ question stupide...
Je ne pouvais plus apprécier le goà»t de la bière. J'ai perdu tout sens du goà»t dès que j'ai commencé la chimio. Mais à  un moment, il fallait que je sorte pour voir du monde. Alors pourquoi pas le pub ?

Tu es maintenant tiré d'affaire. C'est définitif ?
Ouaip.

Y a t-il un risque de récidive ?
En théorie, oui, du coup j'ai un check-up à  faire tous les mois pendant un an.

Et après tout ce que tu as traversé, en quoi ça t'a rendu différent ?
D'un point de vue pratique, je prends des tonnes de champignons en compléments (rires).

Et sur un plan plus profond ?
Tu veux dire l'aspect spirituel de la chose ? Pas de grande révélation de ce côté-là . Il y a eu un bref moment de : oh, ma mortalité se manifeste peut-être un petit peu plus tôt que prévu. Et puis je me suis dit, « Je m'occuperai de ça quand ils finiront par me dire qu'il ne me reste qu'un an ou deux à  vivre. » Auquel cas je dirai « Je vais faire mieux que ça. »

Avec tout ça, est-ce que ta relation avec les autres gars du groupe a changé ?
Oui, différemment selon les personnes. Certains sont du genre « Ouah, je suis vraiment content que tu ailles bien. » pour d'autres, c'est plutôt « je suis content que tu ailles bien parce que ça m'a sérieusement fichu la trouille que tu puisses y rester et que je sois le suivant sur la liste. » Certaines personnes projettent leurs propres peurs sur toi. Quand ils te prennent dans leurs bras, ce qu'ils expriment c'est : « je suis si content d'être en vie. » tu arrives à  voir ce genre de chose.

Steve a dit à  Adrian, avant qu'ils sachent que tu avais un cancer, que si le nouvel album devait être le dernier, avec celui-ci, vous pourriez partir la tête haute...
J'ai ressenti la même chose en commençant le traitement. Avant même de voir une issue positive se dégager, je me suis dit, « si c'est la dernière que j'enregistre de ma vie, avec ma voix dans l'état o๠elle était, c'est une sacrément bonne façon de tirer sa révérence. Ce qui serait ironique. »

En quoi serait-ce ironique ?
Qu'on fasse ce super double album, avec cette chanson incroyable, Empire Of The Clouds, et les gens qui disent « Oh mon dieu, tu n'as jamais aussi bien chanté. » Et là , d'un coup, tout est fini.

Steve pense qu'Empire Of The Clouds est un chef d’œuvre. Est-ce la chanson la plus importante que tu aies jamais écrite ?
Pour moi, ça l'était – et d'autant plus après avoir été diagnostiqué. L'histoire de cette chanson est très poignante. The R101 était un aérostat incroyable, l'équivalent du concorde et du Queen Elizabeth 2 réunis, et qui s'est crashé lors de son voyage d'inauguration. Il n'y a eu que cinq survivants. Quand j'étais gamin, j'avais fait une maquette en plastique du R101, et l'histoire m'est restée.

Il y a de nombreuses chansons épiques, chez Iron Maiden, mais aucune ne l'est à  ce point-là .
Exactement ! Je l'ai composée au piano, et je suis du genre à  jouer avec deux doigts. à€ un moment je me suis dit, « oh, ça fait un peu Billy Joel. » Et puis je me suis décidé pour une petite ouverture au début, une partie de violoncelle sympa, des cuivres. Aucun des instruments que j'avais dans la tête n'était une guitare. C'était écrit pour des violons irlandais – diddle-de-diddle-de-diddle...

En toute franchise diddle-de-diddle-de-diddle sonne très Iron Maiden...
Complètement Iron Maiden ! C'était conçu pour les violons mais en réalité je savais que ce serait des guitares. Ce qui maideniserait le tout immédiatement.

Et maintenant que l'album est enfin sorti, c'est quoi, la suite ?
Je traverse une période un peu difficile en ce moment. Je cours partout à  faire plein d'autres trucs, mais en ce qui concerne ma voix, il faut que j'attende. Je n'aime pas attendre. En décembre dernier, j'ai demandé au doc : « En supposant que je me débarrasse de ce truc, il faudra combien de temps pour que tout revienne à  la normale ? » Il a répondu environ un an. J'ai dit « Je vais faire mieux que ça. »

Du Bruce Dickinson typique.
Absolument. C'est un défi.

Quand as-tu recommencé à  chanter ?
J'ai fait un petit essai dans la la cuisine, un petit hurlement. C'était intéressant. Le registre medium supérieur était un peu tyrolien, un peu famille Von Trapp (NDT : l'histoire de la famille Von Trapp est racontée dans le film La Mélodie Du Bonheur). J'ai chanté quelques notes, ça m'a échauffé, alors je me suis laissé aller. J'en ai essayé une du nouvel album, If Eternity Should Fail. Après j'ai tenté The Trooper. Et je me suis dit, « C'est bon. »

Alors cette voix, l'Air Raid Siren – sonnera t-elle comme avant ?
Il lui faut du temps, comme le Docteur Who, pour se régénérer. Elle a pris un sacré coup à  cause des radiations. La partie haute de la voix est super. La partie basse est impeccable également. Il n'y a que le champ medium de ma voix qui a besoin qu'on travaille dessus. Il se pourrait que je doive aller en réhabilitation vocale. Je pourrais avoir à  prendre quelques cours.

Et qu'est-ce que tout ceci signifie pour le futur – Pour toi et pour Iron Maiden ?
Eh bien le pire scénario était celui-ci : Je suis le traitement, je ne me débarrasse pas de la tumeur, et là  le mec me dit, « Désolé mon pote, mais tu vas vers la sortie. » Le meilleur scénario, c'était : tu t'en débarrasses, tout revient à  la normale, et il n'y aura aucune différence au niveau de ta voix. Pour l'instant, cette dernière partie n'est pas réalisée. Mais je suis absolument confiant que ce sera le cas. Rien ne m’empêchera de retourner sur cette scène. Et puis tu sais, je suis encore là . J'ai gagné.


next -> les albums passés en revue par le groupe.


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