Haut les mains, je suis un fan d’Iron Maiden

Somewhere Back In Time World Tour 2008

Article de Hilary Whiteman, publié le 9 mai 2008 sur CNN.com

par musky00

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Avoir un pistolet pointé sur vous à Sao Paulo est une perspective effrayante si vous n’êtes pas en train de marcher dans la rue avec le guitariste d’IRON MAIDEN Janick Gers, et que celui qui tient l’arme n’est pas un chasseur d’autographes… mais un policier.

« Je suis un flic« , dit l’homme, riant et faisant apparaître un pistolet.

Il est arrivé quelques secondes plus tôt jusqu’à Gers et l’équipe de production de Revealed dans une voiture banalisée dans une ruelle de la plus peuplée – la plus dangereuse – des villes du Brésil.

« Je veux une photo. Je suis de la police« .

Après avoir fouillé dans sa sacoche pour montrer sa carte d’identité, le policier, apparemment pas en service, propose une veste de motard en cuir rouge que Gers signe consciencieusement avec un stylo bleu. Le fan excité secoue la main de son héros.

« Il va arrêter les gens au concert« , s’esclaffe Gers.

Voilà comment est la vie pour Iron Maiden en Amérique du Sud, un foyer de fanatiques de Maiden.

« En Amérique du Sud, c’est à la limite de l’hystérie« , explique Adrian Smith, un des trois guitaristes du groupe. « Nous sommes arrivés ici à l’hôtel hier et il y avait 2 300 personnes en train de hurler. Ils ont crié ainsi jusqu’à peu près minuit hier soir. Je pouvais les entendre chanter Maiden, Maiden« . « Je me suis réveillé tard aujourd’hui et je suis sorti prendre un café parce que je ne pouvais pas avoir de service de chambre. Je ne voulais qu’une tasse de café« . « C’est une sorte d’amusement pour nous« , ajoute-t-il, « mais j’ai presque pitié de ces gens, vous savez ce genre de célébrités qui ne peuvent aller n’importe où, assiégées tout le temps à leurs hôtels dans le monde entier, ça me rendrait fou« .

Il est très étonnant qu’après trente ans sur scène et des millions d’albums vendus, les membres du groupe Iron Maiden profitent d’un niveau d’anonymat inédit dans cette scène musicale des temps modernes. Ça leur permet de ne pas avoir à courtiser la presse et le seul visage qui soit jamais apparu sur les pochettes des albums est celui d’Eddie, une figure macabre qui a commencé sa vie sous forme d’un maque de théâtre*.

« C’est la plus scandaleuse et la plus grande rock star qu’il y ait jamais eu« , dit le chanteur d’Iron Maiden, Bruce Dickinson. « Et c’est bien parce que nous n’avons pas besoin de l’être. Nous pouvons juste nous concentrer sur la façon de faire ce que nous faisons. La vérité est qu’aucun d’entre nous n’est en réalité intéressé par les trucs des rock stars. Nous sommes très heureux que les paparazzi nous trouvent tout à fait, tout à fait inintéressants« .

Iron Maiden a commencé sa vie dans les quartiers de l’est de Londres en 1975. Le bassiste Steve Harris a rassemblé un groupe de musiciens dans le même état d’esprit, il y avait déjà le guitariste Dave Murray. Ce n’est qu’après plusieurs ruptures et une interruption temporaire que le line-up actuel a été mis en place.

Le groupe a sorti deux albums – Iron Maiden (1980) et Killers (1981) – avant que Bruce Dickinson ne remplace Paul Di’Anno au poste de chanteur.

Le premier album de Dickinson avec le groupe – The Number of the Beast (1982) – est arrivé au sommet des charts anglais. Le batteur Nicko McBrain a rejoint le groupe en 1983 et un nouvel album est sorti Piece of Mind. Powerslave a suivi en 1984, après quoi Iron Maiden ont embarqué sur une des plus grandes tournées de l’histoire de la musique, le World Slavery Tour.

Beaucoup d’albums ont suivi avant que Janick Gers rejoigne le groupe en 1990, remplaçant Adrian Smith, parti poursuivre d’autres projets. Le chanteur Bruce Dickinson a également quitté le groupe en 1993 pendant plusieurs années mais est revenu en 1999 avec Adrian Smith pour ressusciter l’ancien – et actuel – line-up.

« Nous sommes tous un peu bizarres … un peu excentriques pourrait-on dire« , dit Dickinson, qui tente d’expliquer la longévité du groupe. « S’il n’y avait pas eu Iron Maiden, aucun d’entre nous ne se serait rencontré ; nous venons tous d’horizons différents, de lieux différents, d’endroits différents. Et nous sommes ensemble et ça fonctionne parce que la seule chose qui nous réunit c’est Iron Maiden. C’est vraiment comme une famille« .

Ce sens de la famille s’étend à leur équipe et aux légions de fans, qui ont tous découvert le groupe par le bouche à oreille et, dernièrement, par Internet.

« Iron Maiden n’a jamais été relayé par les radios ou les TV ou les formes conventionnelles de médias sur lesquelles s’appuient les autres groupes de musique« , dit Sam Dunn, un réalisateur de documentaire et un fan de Maiden qui est en train de faire un film sur la tournée Somewhere Back in Time du groupe. « Je pense que pour les fans c’est ce qui est le plus spécial. Que la communication ait toujours été comme ça et que c’est une communauté de fans, et nous ne comptons pas sur les grands groupes de médias pour nous dire quelle musique nous devons écouter, nous l’écoutons parce que nous le voulons« .

Le lendemain de l’incident du pistolet, Iron Maiden ont joué au Palmeiras Stadium de Sao Paolo. 45 000 personnes ont bravé la pluie pour entendre les tubes des années 80 du groupe : Aces High, 2 Minutes to Midnight, et la ballade épique de 14 minutes, Rime of the Ancient Mariner.

« On est en 2008 et Iron Maiden font les plus grands concerts qu’on n’aurait jamais pu imaginer, et je pense que cela surprend le groupe et surprend les fans« , dit Sam Dunn. « Je pense que l’opinion générale est qu’Iron Maiden est un groupe des années 80, vêtu de spandex avec des cheveux longs et gras, et clairement ils ont parcouru un long chemin depuis, grâce à Dieu« .

Version originale

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